Notre philosophie
Au 21ème siècle, Les Ecuries du Printemps veulent remettre à jour la théorie de Baucher par l'intermédiaire de l'enseignement et de l'expérience de Joël Laugier, Ecuyer de l'Académie de Provence.
Celui-ci est également éleveur de chevaux lusitaniens. Mais son savoir-faire ne se limite pas à cette race uniquement. Ecuyer au doigté exceptionnel, il peut dresser aussi bien un Trakhener russe qu'un Shire à la Haute Ecole. Il décortique les mécanismes de la locomotion de chaque cheval, cela toujours dans la recherche de l'équilibre.
Le Bauchérisme est une philosophie que j'ai découverte en rencontrant Joël Laugier.
Formée sur les principes de l'équitation dite de « compétition » et possédant des chevaux de niveau « moyen », de modèle non-ibérique, je pensais qu'il me fallait attendre une 2ème vie pour connaître les délices et plaisirs du piaffer, du passage ou encore du changement de pied au temps, …
J'ai d'abord eu la chance de voir Joël Laugier monter ses chevaux et là après autant d'années d'équitation derrière moi, j'ai commencé à douter, à me demander si j'avais pris la bonne route. J'étais arrivée, sans m'en rendre compte vraiment, à un croisement de ma vie équestre.
Ensuite j'ai eu droit à ma 2ème chance : celle de monter des chevaux bauchérisés sous la direction de Joël Laugier. Le doute a recommencé à me ronger. Les nuits durant mes stages, je les passais plus à réfléchir qu'à dormir. C'est en me réveillant un beau matin que je me suis décidée à tout recommencer et à réapprendre l'équitation.
La vraie, la seule, l'équitation d'équilibre, celle qui me mène vraiment au plaisir équestre par le dialogue avec mon cheval.
Je tiens à remercier Joël Laugier pour sa patience et toute sa science qu'il a mise au service de mes chevaux afin de les rendre plus agréables à monter et plus disponibles dans leur tête.
Tout en sachant qu'aucun n'avait le type « cheval de dressage » de par leur morphologie.
Jamais il n'a baissé les bras, jamais, il ne m'a dit : « revends-le, tu n'en feras rien » comme certains moniteurs l'avaient fait auparavant.
C'est clair que mes chevaux ne feront pas les jeux olympiques, mais chacun dans ses capacités physiques me donne du bonheur. L'un excelle au pas d'école, l'autre au piaffer, l'autre au passage …
Mais je l'avoue, finalement, il a fallu travailler beaucoup sur moi-même pour me remettre en question. Les chevaux, eux, n'ont jamais douté et m'ont suivie sur ce nouveau chemin qu'est le Bauchérisme.
 Mais qu'est-ce que le Bauchérisme ?
FRANCOIS BAUCHER (1796 -1873)
Baucher fut un écuyer exceptionnel qui révéla des qualités à la fois comme cavalier, dresseur et professeur.
Comme il ressentait un manque de clarté et de précision dans l'enseignement équestre de son temps, il entreprit de mettre sur pied, un système basé sur l'observation rationnelle et scientifique de la locomotion du cheval.
Cette méthode évolua au fil des ans et des incidents de sa vie. Privé de la force de ses jambes, Baucher révisa encore sa méthode et développa sa « seconde manière ». Et c'est ce chemin que nous avons décidé de suivre.
Le bauchérisme peut ainsi se résumer en 3 propositions :
1er La mobilité de la mâchoire et le relèvement d'encolure vont apporter la légèreté, ce qui conduira à l'équilibre.
2ème L'équilibre peut être obtenu et amélioré dans l'arrêt.
3ème L'équilibre a priorité sur le mouvement et non le contraire car c'est de lui que vient le mouvement.
« La légèreté, c'est l'équilibre et l'équilibre, c'est la légèreté » (Baucher)
Si certaines méthodes permettent de dresser des chevaux nés dressés (à 1 million d'euros) Baucher nous a donné une méthode nous permettant de dresser tous les chevaux.
Dupaty de Clam disait déjà au 18ème siècle que tous les chevaux n'avaient pas la morphologie idéale pour obtenir un placer correct.
A cette fin, il fallait longtemps les promener le nez en l'air. Grâce à la méthode 2ème manière de Baucher, nous pouvons arriver à les dresser tous, et à les rendre agréables à monter. Sa méthode s'inscrit donc totalement dans la continuité de l'école de Versailles, adaptée à tous les modèles de chevaux.
Dans un premier temps, tout cavalier classique risque d'être heurté par ce fameux relèvement d'encolure. Mais contrairement à la croyance équestre de base, si celui-ci est pratiqué correctement, il ne creuse pas le dos du cheval. Le cavalier, après avoir élevé la tête de son cheval va confier à ce cheval le soin de maintenir l'élévation ainsi réalisée, en cessant d'agir avec les mains. Ce maintien sera alors réalisé par les muscles du cheval et non pas par ceux du cavalier. Ainsi par ce relèvement d'encolure, agrémenté des flexions de mâchoire et de nuque, on amènera petit à petit le cheval à la légèreté.
Les séances d'équitation par la force, les séances de musculation de bras, d'épaules qui se terminent souvent pour le cavalier à l'ostéopathe et qui aboutissent pour le cheval à des problèmes dorsaux ou cervicaux … Il est temps de les oublier. Baucher au 19ème siècle nous a donné sa méthode. A nous, cavaliers du 21ème siècle de ne pas laisser s'éteindre ce savoir-faire au fin fond d'une bibliothèque.
Nous recherchons par cette méthode plus la coopération que la soumission.
Le cheval n'est pas un ennemi à combattre mais un ami à convaincre !
Source : Baucher cet incompris, J-C Racinet
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